Embrasser la biomasse : pourquoi le Kreiz-Breizh parie sur la chaleur renouvelable ?
Autant l’avouer : les réseaux de chaleur n’ont rien de très photogénique ni de glamour marketing. Pourtant, pour qui s’intéresse aux équilibres des territoires, le choix du Kreiz-Breizh en faveur de la biomasse mérite toute notre attention. De quoi s’agit-il concrètement ? Il s’agit d’installer des réseaux souterrains, approvisionnant les bâtiments publics, et parfois également des maisons individuelles ou entreprises, en chaleur générée par la combustion de la biomasse (essentiellement des plaquettes forestières issues des forêts locales).
La Bretagne, structurellement peu dotée en ressources énergétiques fossiles, dépend à presque 90% d’importations pour son énergie finale (source : Panorama de l’énergie en Bretagne, Région Bretagne, 2022). Miser sur la biomasse, filière renouvelable, c’est concrètement :
- Diminuer la dépendance aux énergies carbonées et volatiles (gaz, fioul, électricité hors-renouvelable).
- Mieux valoriser une ressource forestière locale souvent sous-exploitée.
- Maîtriser la facture énergétique publique dans une période d’inflation énergétique.
- Créer un ancrage industriel et une dynamique d’emploi “non-délocalisable” sur le territoire.
Un pari loin d’être isolé : selon l’Ademe, la part des réseaux de chaleur utilisant les énergies renouvelables (majoritairement biomasse) en France métropolitaine a presque doublé sur la décennie 2010-2020 – et l’Ouest de la France connaît la même tendance d’accélération, avec un boom observé particulièrement post-2018 (source : Observatoire national des réseaux de chaleur, 2022).