L’énergie du large : pourquoi la Bretagne s’y jette à corps perdu
Rappelons un fait têtu, longtemps occulté à Paris : la Bretagne importe près de 85 % de son électricité (source : RTE, « L’État des lieux du système électrique breton », 2023). Si l’on évoque la péninsule comme un « cul-de-sac énergétique », ce n’est pas sans raison. Dès lors, l’éolien en mer n’apparaît pas comme une coquetterie écologique, mais comme une nécessité stratégique.
La Bretagne dispose d’atouts naturels indéniables pour devenir le phare de l’éolien français : des vents puissants et réguliers, un plateau continental adapté, et une tradition maritime robuste. L’engagement du Conseil régional, soutenu par l’État, est sans ambiguïté : objectif affiché de 1 GW d’ici 2030 (Assemblée régionale de Bretagne, 2022), soit l’équivalent de la consommation de plus de 700 000 foyers.
Mais la réalité industrielle, elle, se joue sur terre… et dans les ports. La mise en service prévue en 2025 du parc de Saint-Brieuc (62 éoliennes, 496 MW) portée par Ailes Marines (filiale d’Iberdrola), symbolise à lui seul la bascule d’une région qui cherche à transformer sa géographie en atout industriel. Non sans résistances : contestations environnementales, inquiétudes des pêcheurs et des associations locales rythmant l’avancée des travaux.